Bilan de nos 6 mois en Equateur

Publié le par Clo et Pierre

Le voyage se termine. Nous allons faire une dernière fois nos sacs pour rentrer chez nous après six mois en Equateur. Le bilan à chaud n’est pas évident à faire.

 

En voyageant dans tous ces coins qui forment ce pays nous avons pu tout d’abord voir tous ces paysages. Nous avons enchainés de nombreuses heures de bus, en passant par la sierra avec ses cultures sur les flancs des montagnes, puis par l’oriente région chaude et humide pour enfin arriver sur la costa pacifique et profiter de la plage, du soleil et de la chaleur. Ce pays est très riche en diversité. On retrouve pleins d’animaux différents dans toutes les régions, que ce soit des lamas, vigognes, tarentules, caïmans, singes, poissons exotiques…

 

Les cultures sont également différentes et les gens n’ont pas le même style de vie dans la cordillère des Andes ou sur la côte. Justement chacun de ces peuples vit l’un à côté de l’autre mais ne se mélange pas. Ils ne peuvent donc pas se comprendre ce qui entraine une méconnaissance et de nombreux préjugés les uns envers les autres. Tout ceci créer ce racisme entre les peuples. 

Par exemple on retrouve dans la Cordillère des Andes les peuples Quichua, qui parlent encore leur langue traditionnelle. Ce peuple est encore préservé des influences occidentales. Il a gardé une partie de sa culture comme l’habit traditionnel avec pour les femmes « l’anako, la fara, la bayeta et le sombrero ». La musique reste encore traditionnelle avec les instruments tels que flute de pan, charango, guitare, accordéon. Les gens vivent du travail de la terre sur les plateaux et cultivent sur  les flans des collines. Depuis l’arrivée des colons en Amérique du Sud, l’homme blanc gardait les meilleures terres dans les vallées fertiles et repoussait les Indigènes dans les régions où la vie était plus difficile. C’est pour cette raison que les Indigènes Quichuas vivent dans ces endroits reculés sur des terres pauvres. De plus c’est la région où la vie est la plus dure due au climat froid, à l’altitude (au dessus de 3000m) et au manque d’eau. Les blancs ont construis des grandes haciendas (fermes) dans lesquelles ils employaient les Indigènes dans des conditions de travail très dures. Suite à ce passé sous la domination des métis ce peuple reste aujourd’hui très introverti. Certaines personnes ont honte de leur origine et ne veulent pas que leurs enfants subissent les mêmes moqueries, donc ils préfèrent ne pas transmettre la culture aux générations suivantes. C’est un peu dommage que ce passé pèse encore autant sur les comportements des gens malgré le travail de certaines personnes qui souhaitent revaloriser cette culture. Les indigènes perdent petit à petit leur identité.

Dans la forêt amazonienne on retrouve 9 peuples avec chacun son propre dialecte. Certain vivent proche des villes et dans la forêt secondaire, principalement grâce au tourisme et à l’agriculture. Plus enfoncés dans la forêt primaire d’autres peuples ne veulent pas avoir de contact avec l’homme blanc et préfèrent vivre en autarcie grâce a la richesse de leur environnement qu’ils connaissent parfaitement (pêche, utilisation de plantes médicinales, consommation de fruits). Les cultures de cette région ont un grand respect pour la Terre et vivent en communion avec celle-ci. Malheureusement, les compagnies pétrolières se sont installées dans les années 1980 pour exploiter leur « or noir » au détriment de l’environnement. En 30 ans l'Equateur a perdu 2 000 000 hectares de forêt primaire, une ethnie les « Tetete » a complètement disparue et quatre sont menacées et ont été déportées: les « Siona, Secoya, Huoarani et Cofan ». La forêt a été détruite et les sols saccagés. Suite à ces perforations des piscines de retentions des boues souillées de pétroles sont creusées. Le pétrole s’infiltre alors dans le sol et pollue toutes les sources d’eaux environnantes dont se servent les gens pour vivre. C’est l’une des luttes principales de ces peuples Indigènes.

Sur la côte Pacifique, on retrouve deux sortes de vies complètement opposées. En bord de mer, toute l’économie est liée à la pêche mais plus que tout au tourisme. Tout est aménagé pour faire la fête et profiter des loisirs qu’offre l’océan. Les musiques des discothèques sont celles qui passent sur nos ondes telles que la musique électro. On entend aussi des rythmes de cumbia et de reggeaton. 

 

Plus aucun signe de la culture équatorienne n’est présent. On pourrait se croire sur les plages de l’océan Atlantique en France. Par contre dans les terres une autre facette de la côte nous est montrée. Un peu moins extravagante et du coup beaucoup moins touristique. Les gens sont surtout éleveurs de grands troupeaux de vaches type zébus ou agriculteur de grandes parcelles de monoculture de bananier et de mais. C’est avant tout une culture productive destinée à l’exportation. Leurs traditions agraires ne sont plus respectées. Avant, toute la vie d’une famille était organisée suivant le rythme de croissance du café. Les plants utilisés étaient des plants de café arabica. Ce sont des petits arbustes qui pouvaient être mélangés avec d’autre production sur les mêmes sols. Il y avait une récolte par an qui permettait de faire une réserve d’argent sur toute l’année. En même temps les cultures présentes sur les sols les protégeaient de l’érosion. Après la seconde guerre mondiale, des plans de café robusta ont été importés en Amérique du Sud. Ces plants permettent plusieurs récoltes par an mais ce ne sont plus des arbustes mais des arbres. Donc on trouve des champs de mono culture qui ne permettent plus d’avoir d’autre variété de fruits autour. Les productions de ce type de café ont augmentés très rapidement et ont donc entrainés une chute du prix du café. Les gens ne parvenaient plus à vivre de leur production. L’état pour pallier à ce problème a proposé d’importer des vaches type zébus et de se consacrer plutôt à l’élevage. Des milliers d’hectares de forêt ont été brulés pour créer des pâtures. Toutes ces pratiques ont détruites l’environnement et la culture locale basée sur le café.

Un peu partout en Equateur, on constate petit à petit une perte de l’identité et une uniformisation de la culture de chacun au mode occidental.

 

Le calendrier Equatorien s’organise autour de nombreuses fêtes. Nous avons essayés de participer au plus grand nombre pour pouvoir ensuite vous raconter (on a passé de bons moments ha ha ha).

Dans les premiers jours de notre arrivé, les Indigènes Catholiques de la Sierra fêtaient la Toussaint. Nous avons suivit Pierrick dans les communautés près de Riobamba. La fête s’organise de la manière suivante. La veille, les familles préparent des figurines en « masapan » (pain qui représente une personne décédée), la « colada morada » (boisson à base de mure). Le jour même une messe en Quichua est dite dans le cimetière autour des tombes. Le prêtre lit la très longue liste de tous les morts de chaque famille. Et chaque famille amène sa nourriture qu’elle met en commun sur l’autel, tout le monde se sert et va manger sur la tombe de ses proches. Les gens passent la journée dans le cimetière à parler de la vie des défunts et se remémorent les bons moments passés avec la personne. Ce n’est pas une journée triste comme en France, mais plutôt l’occasion de se retrouver et de partager ensemble une journée entre les gens d’une même communauté.

Ensuite vient la fête de Noel, toujours dans la Sierra. On s’attendait à ce que ce soit un jour important, car pour nous c’est une journée que l’on passe normalement en famille, une journée de partage et de fête. Noël pour les Indigènes ça n’a rien à voir, c’est une journée banale où va travailler dans les champs et on organise même des Mingas. Noël, c’est surtout la messe du 24 décembre au soir où chaque famille apporte l’enfant Jésus de sa crèche pour le faire bénir par le prêtre. Sur l’autel on retrouve toutes les tailles de figurines, des grands ou des petits, dans des lits ou sur des trônes de roi. Nous avons célébré Noël avec les gens de la maison communautaire et nous nous sommes offert des cadeaux. Nous en avons aussi fait un à Juliana, femme de la communauté qui s’occupe de la maison qui a été surprise de ce geste. Chez les Indigènes on ne se fait pas de cadeaux et elle ne voulait pas l’ouvrir devant nous soit par gène soit par inhabitude de recevoir quelque chose.

 

Puis pendant tous les mois de Décembre, Janvier, Février et Mars, en tant que bon reporters des fêtes en Equateur, nous avons participé aux nombreux « Paseo del niño ». Ce sont des défilés, organisés par différents organismes qu’ils soient scolaires, liés à un corps de métier ou à une structure comme une banque, pour fêter la naissance de Jésus ou la venue des rois mages. Les groupes défilent dans la rue avec des banderoles et accompagnés parfois des fanfares ou des chars décorés. C’est un moyen de se faire remarquer auprès des habitants tout en marquant l’évènement. Quand les « Paseo del niño » se font dans les villages c’est aussi l’occasion de faire une grosse fête où tout le monde se déguise. Pendant la messe c’est un peu le carnaval, le prêtre fait la messe devant de nombreux Jésus, Spiderman, clowns, gars de l’armée, personnages de la crèche et un cochon. La fanfare anime la célébration et s’en donne à cœur joie, peut être un peu trop.  Ensuite, tous les gens passent de maison en maison pour partager de nombreux repas. On peut facilement manger de copieux plats 4 à 5 fois pendant le parcours. La journée se termine par des danses. C’est encore une fois une journée bien arrosée.

Pendant notre passage au Pérou nous nous sommes sentis obligés d’assister au Carnaval de Cajamarca. C’est le plus grand carnaval du Pérou, les gens de tout le pays viennent célébrer ces trois jours de fête dans ce village des Andes. Encore une fête très arrosée par l’alcool et par l’eau. En effet pendant tout le carnaval des batailles d’eau sont organisées un peu partout avec des bombes à eau, ou simplement de grands seaux. A notre arrivée en bus, nous roulions les fenêtres ouvertes pour profiter de l’air frais. Mais nous les avons vite fermées après avoir reçu un seau d’eau de la part d’enfants qui guettaient l’arrivée du car. Le but de cette fête est de mouiller, remouiller, de tremper le plus de personne possible. On peut danser dans les rues sur l’hymne du carnaval jusqu’au lever du jour. Des défilés sont aussi organisés sur plusieurs jours avec des thèmes : concours de déguisements, concours de chars… Avis aux adeptes de Tintin pour se faire une idée des costumes référez vous à l’album de Tintin et les picaros, celui avec le général Tapioca qui fait la révolution.

Dernière fête avant le retour Pâques à Quito. La population équatorienne est assez fervente pendant les fêtes de la semaine sainte. Des défilés de pénitents et de personnes représentant Jésus portant sa croix sont organisés. Chaque quartier passe l’un après l’autre sur le parcours. Les pénitents sont habillés en violet, et certains se flagellent avec des branches ou des cordes pour revivre leur passion du Christ, d’autres vont jusqu’à s’enrouler dans des fils barbelés ou à s’enchainer les pieds. Toutes les personnes qui défilent sont pieds-nus. C’est assez dur d’être spectateur et de voir toute cette souffrance que s’infligent les personnes qui participent au défilé. C’est une fête religieuse prise au sérieux par la population.

 

En Equateur, une chose assez curieuse  que l’on a pu constater c’est le mélange entre la médecine, la religion et la culture. Les peuples dans leur vie de tous les jours ont une relation très liée entre ces différents aspects.

Le shamanisme est un élément de la culture Indigène qui persiste. Le shaman ou le yatchak est une personne qui a un don spécifique et des connaissances qui lui ont été transmises par un ancien shaman. Celui-ci est en relation avec les trois piliers de la culture Indigène le ciel, la terre (la Patchamama) et la partie sous terre. Il sert d’intermédiaire entre ces éléments et l’homme pour qu’ils vivent en harmonie. Les gens utilisent ses dons pour se guérir, retrouver un objet ou chasser un mauvais sort ou esprit lancé sur eux. Le shaman utilise toutes sortes de plantes médicinales ou d’objets pour ses pratiques tels que  le tabac, l’ayahuasca (plante hallucinogène utilisée dans l’oriente), le cochon d’inde noir (cuys), la bougie, l’œuf.

Au cours de notre passage dans la forêt, nous avons gouté aux joies de la turista et de la grosse fièvre. Voyant notre état s’empirer, le shaman de la communauté a pratiqué sa science pour nous guérir et évacuer le mauvais sort. Quelques jours après, coïncidence ou non, nous allions mieux.

Une autre pratique qui est utilisée pour la médecine est le biomagnétisme. Elle consiste en l’utilisation des énergies positives ou négatives pour soulager les maux des gens. Pour cela, un diagnostic est établit en tapant les deux pieds l’un contre l’autre pour sentir les énergies du corps et ensuite des aimants sont appliqués. Certaines personnes peuvent même arriver à soigner à distance.

La dernière médecine la plus utilisée reste la médecine chimique comme nous avons en France. Mais en Equateur les consultations médicales sont chères et les gens vont demander un diagnostic directement au pharmacien. Ce dernier n’est pas de bon conseil et vend pour vendre et se faire de l’argent. L’automédication est chose courante en Equateur.

 

 

 

Dans la culture équatorienne le repas n’est pas un cérémonial comme en France. Les gens mangent en dix minutes et retournent ensuite au travail. Une journée commence par un petit déjeuner à 6 heures du matin, quand le soleil se lève. Il est composé de café, « humitas » (gâteau salé de mais enroulé dans une feuille et servit chaud), « bolon de verde » ou « yuca » (boule de banane plantain ou de yuca écrasée en purée et roulée). Un autre repas est pris vers 10h30, un autre vers les 15h et le dernier au coucher du soleil. Les plats sont souvent les suivants : soupe de légumes, salade, tomate, oignons et riz, poulet ou bœuf. Les repas principaux sont les deux premiers repas du matin pour avoir assez de force pour pouvoir travailler toute la journée. Le soir les gens ne mangent qu’une soupe.

La boisson favorite des équatoriens est le soda. On trouve des bouteilles jusqu’à 1 gallon, soit 3,7L. Une des raisons de cette forte consommation de soda est le prix car cela revient moins cher que de l’eau en bouteille. Il faut savoir que l’eau au robinet n’est pas potable bien souvent.

On retrouve aussi des spécialités suivants les régions ou les fêtes de l’année comme par exemple « las papas con cuy » (cochon d’inde grillé avec des pommes de terre), « llapingacho con fritada» (omelette de pomme de terre et de fromage servit avec morceau de viande frits), « pollo a la brasa » (poulet à la braise),  « ceviche » (poisson mariné dans du citron), « empanadas » (beignet au fromage), « churasco » (steak grillé avec œuf accompagné de légumes). En accompagnement des plats on peut avoir des « patacones » ou chips (préparation bananes plantains), « choclo » (mais bouilli), pop corn salé, « motte » (mais cru), « menestra » (lentille). Toutes les spécialités sont composées de légumes locaux. Une grande variété de fruits : ananas, mangue, fruits de la passion (maracuya), banane, orange, melon, pastèque, pommes,  poires, papaye, goyave, mures, fraise, coco, naranjilla, mandarine, raisin.

Tout bon équatorien se doit d’aimer le riz, la coriandre et si c’est un gars la Pilsener. Cette bière fait la fierté du pays et est le sponsor officiel des équipes de foot. La taille minimale de la bouteille est de 600 mL dans la grande majorité des magasins.

 

            Dans le pays, on peut aller frapper à n’importe quelle heure dans une « tienda » (petit magasin) pour acheter quelque chose. Les équatoriens ne sont pas aux 35 heures de travail.  Généralement la boutique est une pièce de la maison qui donne directement sur la rue et qui est aménagée pour vendre de tout. Les magasins sont ouverts tous les jours, même les weekends end et fériés. Certain vendent l’équivalent des produits vendus en épiceries en France, c'est-à-dire alimentation, produits d’entretient, et font aussi bureau de tabac. D’autre font plutôt des mélanges de papeterie, petits jouets pour enfants et produits de beauté. De plus grosses boutiques vendent de l’électroménager. Mais à l’intérieur on peut être surpris de trouver des motos cross, des vélos, et d’autre chose qu’on n’a pas l’habitude de trouver dans ce genre de magasin.

 

Pendant le séjour nous avons testé :

-         Le coiffeur : 1,25$ pour une coupe de cheveux homme. On ne choisit pas vraiment sa coupe de cheveux, on explique son idée de départ mais le résultat est plus ou moins celui attendu. A Quito, la capitale où la concurrence fait baisser radicalement les prix, la coupe de cheveux est à 0,80$. On s’est bien fait avoir!

-         L’esthéticienne: 1$ pour une french pédicure. Le soin comprend une coupe d’ongle, soins des pieds, pose de vernis. Le salon est au milieu de la rue et toutes les voisines donnent leur avis et se renseignent sur votre situation maritale. Bonne ambiance. On se sent un peu gêné mais finalement comme à la maison.

-         La cabine téléphonique : 0,10$ la minute pour appeler en France. C’est un prix dérisoire étant donné l’éloignement. Par contre la communication se coupe toutes les 3 minutes.

-         Les films, logiciels et musique en espagnol : 1$ le DVD piraté. En Equateur il est très dur de trouver un CD original. Toute une filière s’est organisée autour de ce commerce. Dans toutes les rues on trouve des magasins qui vendent des CD ou DVD piratés. Même les policiers en achètent sans aucun scrupule.

 

Toutes les tiendas ont des grilles et servent les clients à travers celles-ci. Tous les commerçants ont peur de se faire agresser. Mais ce sentiment provient surtout des rumeurs que les gens entretiennent en parlant de l’insécurité. Toute la journée la télévision diffuse des informations concernant des meurtres, des condamnations, des disparitions de mamies, des viols…

Quand on ouvre le journal on peut trouver tous les détails des faits divers comme par exemple les photos des accidents de bus, les noms et adresses des victimes, les témoignages à visages découvert des criminels. Tout ceci ne fait qu’augmenter la peur des gens.

On ne peut pas vraiment dire que l’Equateur soit un pays dangereux, il faut juste savoir être prudent et ne pas tenter le diable en allant dans les quartiers qui sont connus comme risqués.

 

La misère est un facteur de cette criminalité. Moins de 2% de la population a un travail fixe, les autres personnes vivent de petits boulots comme la vente ambulante. Dans les rues, on trouve des vendeurs de tapis de 3m par 2m, de piles et lacets de chaussures, coton tiges et antenne de voiture, télécommandes et billet de loto, paquet de cigarette, chewing-gum. La vente ambulante est un phénomène qu’on ne peut pas ignorer en Equateur, on voit les gens vendre de partout, dans la rue, en bas de son immeuble, dans les bus, devant les écoles, dans les restaurants…L’Etat connait la situation mais ne réagit pas car il a aucun moyen pour lutter contre ça. Il n’est pas en mesure de proposer d’autre source de revenus. Les personnes âgées ou handicapés font souvent la manche car les personnes de leur famille leur demande de ramener un revenu. En Equateur dans les familles pauvres, les personnes âgées ou handicapées sont souvent une charge difficile à supporter financièrement.

Comme dans beaucoup de pays, la ville attire les populations rurales. L’exode est très important chez les jeunes et les hommes qui ont des familles à assumer. C’est personnes partent dans les grandes villes pour une semaine ou pour plusieurs mois travailler comme maçon, ou gardien de sécurité devant des banques, des pharmacies…C’est une destruction très forte du milieu familiale. Les femmes doivent prendre en charge l’éducation des enfants, s’occuper des animaux et des travaux des champs. En même temps, c’est elles qui prennent les décisions dans les communes.

D’autres personnes tentent de partir à l’étranger pour se construire une nouvelle vie souvent bien idéaliste suivant le rêve américain. Les destinations les plus fréquentes sont les Etats-Unis ou l’Espagne. Pour passer la frontière des Etats-Unis, les coyotes (personnes qui font passer les frontières illégalement) demandent 15 000 $ par personne. Souvent ce sont les parents qui partent et les enfants sont laissés à la charge des grands parents ou des membres de la famille. Les immigrants envoient de l’argent à leur famille pour faire construire une maison pour leur retour. Bien souvent les gens ne reviennent jamais au pays.

 

Le 25 Avril 2009, ce sera le premier tour des élections présidentielles. En Equateur quand un nouveau président est élu tous les responsables politiques et administratifs changent. Cela va du maire, au conseiller, préfets, personnes de l’assemblée nationale jusqu’au président.

Pour se faire élire tous les moyens sont bons. Le paraitre du candidat est très important. Les idées politiques ne sont que secondaires. Ces jours-ci dans les rues, on peut voir de nombreux drapeaux ou affiches accrochés aux voitures et aux fenêtres des maisons, des spectacles comiques organisés dans les rues par les parties politiques,  des communiqués incessants à la radio ou à la télévision. Ce sont également des shows à l’américaine qui sont organisés pour les meetings politiques en pleine rue. Certains partis jouent sur la peur et s’annoncent comme les sauveurs de ce pays que personne n’a encore changé. Les idées qui reviennent principalement sont l’accès à l’eau potable, logement décent pour tous, éducation gratuite, soin gratuit, baisse de la criminalité…

            Beaucoup de belles idées que les équatoriens ne demandent qu’à voir appliquées.

 

Pour notre plus grand plaisir, nous avons voulu profiter de notre séjour pour découvrir tous les moyens de transport que l’on peut utiliser pour se déplacer dans ce pays. Dans le top cinco des véhicules utilisés (ou pour ceux qui ne sont pas bilingue le top cinq ou pour les anglophones le top five) on a :

-         N°1 El bus ou le bus

Véhicule que l’on a le plus utilisé comme beaucoup d’équatorien car c’est le plus rapide et le moins cher. C’est moyen de transport qui permet d’être directement en contact avec les populations locales. Les contacts se font rapidement avec les gens ce qui nous a permis d’améliorer notre espagnol et de découvrir un peu mieux la vie, la vraie (chut chut pas de marque). Les journées les plus marrantes sont celles de marchés, où tous les stocks qui sont destinés à la vente sont chargés sur le toit ou dans le bus. On peut entendre le doux chant des poulets ou des cochons d’indes entassés dans des grands sacs. Dans certain bus, le chauffeur doit passer par la fenêtre devant laquelle vous êtes assise pour accéder au toit du bus. C’est surprenant au début mais ce sont des anecdotes assez marrantes.

Les chauffeurs de bus locaux ont une attention toute particulière pour la décoration de leur bus. Des petits frises ornées de franges ou de dentelles couvrent ¼ de la fenêtre et donne une ambiance assez kitchou. De nombreux autocollant sont placés sur la vitre derrière le chauffeur. Dans ceux que l’on retrouve le plus on a « Jésus es el camino » (Jésus est le chemin), « Jésus te amo », « Ecuador mi pais », des vierges Marie, des images des looney toons, ou encore des phrases du style « si ton mari rentre tard chez toi ce n’est pas à cause du chauffeur ».

En général, les bus qui desservent les grandes destinations sont du standard européen. Par contre, pour les petites destinations, il ne faut pas s’attendre à des bus très récent. Il peut arriver que votre siège se déplace en fonction de l’accélération ou du freinage du bus. Les personnes mesurant plus de 1,65 m doivent baisser la tête pour éviter de toucher le plafond. Les trajets semblent alors long, surtout lorsque l’on fait les trajets debout. Il faut savoir que sur des bus conçu pour une trentaine de passagers, il est courant de rentrer plus de 50 personnes, debout dans l’allée, assises sur les emplacements bagages ou à côté du chauffeur à limite de le gêner pour changer les vitesses.

Le mélange des odeurs est quelque chose d’unique à vivre. La musique est toujours présente, comme partout en Equateur.  

La conduite est quelque chose qui peut surprendre au début mais à laquelle on s’habitue vite. On ne sait pas très bien si les gens on apprit à conduire sur le tas ou si il ya des écoles spécialisées. Dans les règles à l’équatorienne, la priorité est à la personne qui s’est engagée la première dans une intersection. Il n’est pas interdit de doubler en virage même un camion qui va aussi vite que vous (les touristes ferment les yeux les premières fois et puis on fait confiance au chauffeur). Le klaxon est un moyen d’attirer les clients pour les taxis, de se signaler à un autre véhicule, de dire bonjour à quelqu'un, de speeder la voiture qui est devant, en gros les gens passent leur temps à klaxonner pour tout et n’importe quoi. Généralement sur les routes il ya deux voies, mais cela n’empêche pas d’en créer une troisième pour doubler tout en klaxonnant pour demander aux autres véhicules de se pousser sur le bas-côté. Des péripéties arrivent très souvent lors des trajets. Par exemple : plus de deux heures d’attente en pleine montagne pour cause de travaux, panne de bus car manque d’huile dans le moteur, pause express pour manger (il faut manger à la même allure que les chauffeurs sinon ils partent), personnes qui sont malade en bus. Mais comme toujours, avec un peu de patience tout s’arrange.

De très nombreuses compagnies desservent régulièrement toutes les villes du pays. La destination des bus est toujours marquée sur le pare brise et une personne crie tout le temps la destination du bus à la porte pendant qu’il roule. C’est un moyen pour les personnes qui ne savent pas lire de pouvoir se déplacer. C’est également une bonne idée pour les touristes comme nous qui n’ont pas le temps de prendre connaissance de la liste des villes traversées en voyant le bus passer devant eux.  C’est un moyen très pratique pour se déplacer car il s’arrête à la demande des gens.

 

-         N°2 Le stop à l’arrière des camionnettes

Un autre transport que l’on a pas mal utilisé dans la sierra et à la campagne, c’est le stop. Il suffit de faire un signe au chauffeur qui s’arrête et de monter à l’arrière dans la benne (vu que la majorité des voitures sont des camionnettes Pick-up). Les trajets sont généralement assez chaotiques car les gens foncent à toute allure sur les chemins en très mauvais état. Il faut donc bien s’accrocher et se protéger de la poussière. L’arrêt du véhicule peut se faire à n’importe quel moment, il suffit juste de taper sur la cabine du chauffeur pour descendre. Normalement, les trajets se négocient à quelques centimes et permettent de voir de super paysages (quand il fait beau). Il nous est arrivé de faire des trajets en stop est de se faire surprendre par le temps, d’abord la pluie qui nous trempe puis passage de la grêle pour finir.

 

-         N°3 Le taxi moto ou vélo

Surtout présent dans les villes de la côte, c’est un moyen sympa et économique de se déplacer. Une cabine aménagée avec une banquette est installé à l’arrière des motos et parfois à l’avant des vélos. Dans certaines villes comme au Pérou, il y a plus de taxi moto que de voiture, c’est vraiment une invasion.

Le vélo taxi est le moyen le plus écologique de se déplacer. On l’a rencontré uniquement à Bahia de Caraquez (ville écologique).

 

-         N°4 Le bon vieux taxi jaune

Le moyen le plus rapide de se déplacer en ville est le taxi. Pas besoin d’en appeler un généralement c’est lui qui vous klaxonne. Certain chauffeur sont assez bavards et parlent de tout est de rien mais par contre certain sont moins disposés à parler.

Le taxi est bien utile quand on arrive dans une ville qu’on ne connait pas car il vous conseille généralement très bien sur des hôtels pas chers. Certaines personnes de la campagne utilisent les taxis pour descendre leurs animaux au marché. On a eu vu des coffres remplis de poules sur le marché.

Un autre taxi qui peut être utilisé est le taxi communautaire. Ce sont soit des cabines aménagées dans le coffre du Pick-up soit ce sont des Van où l’on s’entasse à une quinzaine. 

 

-         N°5 Le cheval

Dans la campagne, il est utilisé pour se déplacer surtout sur la côte. Dans les autres régions, comme  dans l’oriente il est utilisé pour sortir les bois de la forêt. Dans la sierra, on retrouve plutôt des ânes que des chevaux. La fois où on a pu l’utiliser c’est pour monter aux mines de glace du Chimborazo.

 

Enfin, nos pieds restent le moyen de transport que l’on a le plus utilisé. Pierre a même passé trois paires de chaussures pendant les 6 mois. On a pu faire de belles ballades et voir de superbes paysages. Le seul point négatif c’est le nombre de bouteilles en plastiques, de tous types de déchets qui sont entassés dans les fossés. Les gens n’ont pas l’éducation à ce respect de l’environnement. Certain diront qu’avant tout pouvant se dégrader et que l’habitude était de tout jeter sur les chemins. Aujourd’hui avec toutes les matières plastiques, les déchets s’entassent et polluent vraiment les paysages. Ce qui est dommage c’est que les gens se servent de cette excuse pour ne pas changer leur habitude. Les enfants reproduisent les mêmes gestes que leur parent et continuent de jeter les bouteilles en plastiques par les fenêtres des cars. Ces habitudes sont d’autant plus dures à changer car aucun effort n’est fait par l’Etat ou les communes. Il n’y a pas de poubelles, encore moins de ramassage des ordures. La moins pire des idées serait de bruler les tas de déchets.

 

Voici quelques autres joies du voyage que nous avons découvert.

Quand on est arrivé en Octobre, on s’est vite rendu compte de nos limites en espagnol. Au début c’était assez difficile de comprendre et de se faire comprendre. C’était la galère pour commencer les interviews dans les micros entreprises. Le fait d’habiter dans une maison avec des volontaires français nous a un peu freinés sur l’apprentissage de la langue. Mais à force de traductions d’interviews, de discutions avec les gens nous avons petit à petit intégré cette langue. Aujourd’hui on est capable de suivre un film en espagnol, d’avoir un vrai échange même si il reste des fautes quand on parle.

Autre désagrément qu’on ne pouvait pas louper en voyageant 6 mois : la turista. Nous avons descendu tout notre stock de médicaments, et même les quantités de riz que l’on mange ici n’ont rien changées à la donne. Les médicaments nous ont surtout aidés à serrer les fesses pendant les trajets de 10 heures, sur des routes pas très très plates…

 

            Nous avons passé plus ou moins de temps dans beaucoup d’initiatives différentes du pays et nous avons rencontré pas mal de gens qui essayent de faire bouger les choses autour d’eux. Il est évident que certains projets fonctionnent plus que d’autre. Mais tous ont les mêmes objectifs, pouvoir vivre en ayant des relations plus humaines, connaitre et respecter d’avantage l’environnement. L’idée de départ vient souvent d’une prise de conscience et d’une volonté de changer les choses en vivant autrement. Toutes les initiatives partent toujours d’une personne ou d’une communauté qui se rends compte que l’Etat ne fera rien pour changer les choses et qu’eux même peuvent prendre les choses en main. Pour qu’un projet fonctionne, il faut que l’initiative vienne de la population locale et non d’une personne extérieure. Sinon les gens ne s’investissent pas et se laissent assister. C’est ce qu’on a pu voir dans certaines associations rencontrées.

 

Le tourisme en Equateur peu être vécu de deux manières très différentes.

La première manière de voyager que l’on voulait éviter, mais que l’on a quand même rencontré c’est le tourisme plus commercial que humain. Il faut savoir qu’une grande partie des ressources du pays vient du tourisme bien que ce n’est que le début de l’exploitation de ce secteur. Dans certaines associations nous avons été obligés de passé par une agence pour pouvoir les rencontrer. Le contact ne s’est pas établit de la manière qu’on recherchait. Il nous on tout de suite demander de payer un guide alors qu’on voulait plus que tout rencontrer les familles chez qui on été accueillis.

L’autre façon, celle que l’on recherchait pendant notre voyage, est un tourisme d’échange et de partage de chacune des cultures. L’idée est d’aller rencontrer les gens, de leur parler, d’avoir des discutions saines sans être pris pour des « dollars sur pattes ».  On a eu la chance d’avoir ces vrais contacts avec les gens. Ca peut se traduire par des week-end en forêt pour un anniversaire avec une famille Quichua, une soirée chez des jeunes qui nous accueillent à parler de nos vies, une participation à des Mingas, des soirées spirographe avec des enfants Indigènes, l’apprentissage de nouveaux jeux de cartes et du Jingle Speed , des chansons en Quichua et des soirées improvisées au son du charango et flûtes de pan.

 

Tout ce qu’on pu écrire sur le blog reste notre point de vue sur l’Equateur, chacun est libre de ressentir les choses autrement, d’autant plus que ce pays est en pleine transformation. Dans 5 à 10 ans, beaucoup de choses auront changées.  

 

 

Remerciement des personnes qui nous on fait partager leur amour pour l’équateur

Merci à nos amis :

 

Diego, Marie, Estéban et Carlos de Quito.

Pierrick et Yolanda, les volontaires Marie-K, Catherine, Jacques et Gloria et les touristes de passage à Riobamba

Les gens des communautés, Juliana, Juan Carlos, Manuel, Felitiano, Polinario, Rossio, Fanny et leur petite sœur, Luis, Alex, Carmen, Judith et Fanny, Maria et Trinidad, Ambrosia et Carmen.

Carlos et sa famille les Warusha, Manuel et bien sur Jimmy.

César, Nolwenn, Tamya, la famille de César, les volontaires Elwann, Annie et les touristes de passages.

Pierre, Luis-Mario, Isabelle et les personnes qui travaillent avec les CEB’s de Lago Agrio.

Maria et Marcello de Saraguro et leurs enfants.

Mercedes et Norma, Carmen, Maria los Angeles, Elisabeth et Jimmy de Guayaquil.

Henry, Cynthia, Hyron, Byron, Pushy et  Jennifer, Johanna, Jairo, Luis et Yenny.

Dario et Nicola, tous les employés de la Finca Benjamin et Juanita, Mavel et Serge, Carlos, Jose, Edgar, Jinson, Marcos, Carmen et les volontaires Ben et Tara, Robert et Grace, Ana, Alex, Laetitia, Thomas et Jessica, les professeurs de l’école sur l’environnement et les voisins David, Roberto et Elian.

 

Merci aux personnes qui ont soutenues notre projet :

Le groupe Scouts de France du Puy en Velay.

ARGEL Centre, Mr Tezenat du Montcel.

DDJS / Défi jeune Envie d’agir, Charles Mollat.

Artisans du monde, Patricia et Marie Paule Biancotto, bénévoles.

Terre sauvage, Etienne Hurault, rédacteur.

L’Eveil de la Haute Loire, Cédric Dedieu, journaliste.

Nadine Philippon, professeur d’espagnol.

Nos familles, nos amis et tous ceux qu’on a pu oublier. 

Publié dans Voyage

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Seb34 05/03/2013 13:14

Bonjour,
Très bon article. J'ai retrouvé de nombreux éléments de mon séjour.Au niveau de la cuisine locale, avez-vous eu l'occasion de goûter les quimbolitos? C'est vraiment un régal.
Quand vous dites qu'il n'y a que 2% de la population qui a un travail fixe. Etes-vous bien sûrs de ces données? Cela me paraît très bas.

Sébastien